aquarelle de Mina
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Les codes à l’aquarelle … ça veut dire quoi ? Et on les casse ?

Temps de lecture : 5 minutes

Salut à tous ! Aujourd’hui on parle des règles d’utilisation de l’aquarelle. Pourquoi les apprendre ? Et pourquoi les désapprendre ? Prêt à casser les codes ?

J’écris en réaction à ce commentaire adorable que j’ai reçu sur facebook à propos de la vidéo sur le portrait en 3 étapes de Mina :

« Bonjour, merci pour cette démonstration. Je trouve très intéressant de proposer, travail à l’appui, une méthode « à contre courant » de ce qui est communément enseigné en aquarelle. Ce qui importe n’est pas un « dogme » mais de prendre connaissance de plusieurs d’entre eux pour trouver sa propre technique de prédilection. On se « bride » trop souvent avec des injonctions diverses… Pas de blancs, pas de noirs… Et puis quand on essaie ce qui est proscrit… 😀Encore merci et…vous avez un sacré « coup de pinceau »☺️ ! »

Hélène GD (que je remercie encore pour ce beau compliment).

Je suis touchée d’avoir réussi à faire passer ce message ! Je suis bien d’accord il ne faut pas se brider. On parle d’art ici. Quel dommage de s’enfermer dans des carcans ! Et c’est dur de ne pas se brider à l’aquarelle.

Pourquoi c’est compliqué de se passer des codes ?

Et bien parce qu’il s’agit d’un médium relativement complexe à maîtriser. Si on part sans aucune règles, on part sans aucune corde à son arc. Le chemin risque d’être beaucoup plus long si on ne comprend pas telle ou telle réaction de l’eau, et qu’on ne sait pas comment arriver à rendre l’effet voulu. Surtout que quelquefois on comprend le « pourquoi » mais on a pas encore dans la main le « comment »…. Nous voilà donc, débutant, obligé de se faire un certain bagage. Que ce soit en abstrait ou en figuratif, si on veut mener à bien un projet d’aquarelle, c’est bien compliqué de se dispenser de connaitre les bases. Vous me direz c’est la même chose pour tout les médiums. Oui, c’est vrai. On ne va pas faire de hiérarchie ! Déjà que l’aquarelle subit une forme de hiérarchie depuis des siècles, zut! C’est simplement que de comprendre les fusions, le cycle de l’eau et les retraits de blanc, me semble une sacré histoire ! Du coup, une fois que l’on maîtrise ces techniques après tant d’efforts … apprendre à jouer avec pourra être encore une aventure 😀

En bref, comprendre les bases, s’approprier quelques « règles » pour mieux les dépasser ensuite, serait donc le cheminement idéal.

Mais de quelles règles et codes on parle là au juste ?

Je tâche de me rappeler des règles de bases ici :

  • On commence par les couleurs claires, on « monte en valeur » ses aquarelle en superposant les couches du plus clair au plus foncé.
  • On n’utilise pas de blanc. C’est le blanc du papier qui fait office de blanc.
  • Une aquarelle c’est transparent (toujours pour superposer les couches).
  • On utilise pas de noir. Le noir n’est pas un pigment « pur », il salit les couleurs, qui sont moins brillantes par la suite (comme tous les pigments « mélangés » d’ailleurs).
  • On évite les auréoles.
  • On utilise la technique « mouillé sur mouillé » pour le ciel, les fonds, la végétation, …

Il y a aussi des codes, qui ne sont pas des règles en soi mais des choses qui sont « mal vues » par les « puristes ». Par exemple, c’est mal vu :

  • D’utiliser de la gouache blanche. Surtout pour un reflet dans les yeux (pas chic).
  • D’utiliser un autre médium dans son tableau… Du feutre, des crayons, de la gouache, …

Pourquoi ? Parce que pour certains, c’est trop facile, c’est de la triche ! Ils ont souffert pour maitriser l’aquarelle et c’est vrai que c’est très difficile. Souffrez aussi ! 😉

C’est drôle dit comme ça. Mais en même temps, j’ai envie de les comprendre… c’est vrai que dès que l’on « s’autorise » ces « écarts », en tant que débutant, il y a comme un air de gouache dans l’air et, pouf, adieu la transparence. Donc oui, un peu de pratique avant de tout « s’autoriser », pourquoi pas quand même 😉 Sinon, nous pourrions nous dire aussi : « allez vient, on patouille juste », et ça peut être sympa aussi ! Ou alors, avec plus d’ambition, on peut se lâcher sur un abstrait très librement, sans rien connaitre, juste comme ça. Et ça peut marcher (?!). Et je n’en rajoute pas ici sinon ça va ressembler à une dissertation de philo de terminale sur l’art et la beauté. Bon, reprenons…

Qu’est ce qui se passe quand on casse les codes ?

On vous regarde bizarrement ! Et bien oui, une belle aquarelle, fait par un professionnel, chez beaucoup de gens c’est un paysage du XIXème siècle ou un portrait bien « propre » (sans coulures, sans tâche, …).

Alors on ne va pas débattre des sensibilités artistiques de chacun. Les goûts et les coulures (huhuhu), ça ne se discute pas !

Donc on s’en fiche en fait ? OUI ! Comment ont-ils fait les précurseurs ? Ben voilà, ils n’ont pas demandé la permission !

Vous êtes le chef de votre cuisine artistique : Suivez les recettes, goûtez à tout, décidez de vos plats préférés, contournez les recettes, testez de nouvelles choses puis écrivez vos propres recettes !

(je ne sais pas vraiment si elle passe cette métaphore là, si ? lol)

Pour vous inspirer, je suis heureuse de vous montrer un bout de mon cheminement artistique dans mes vidéos Youtube… J’espère en aider quelques uns à trouver plus vite le leur en goûtant à mes recettes folles et en se forgeant le goût 😊 

Petit rappel de la recette à l’origine de l’article :

Ma technique pour un portrait à l’aquarelle en 3 étapes : Après avoir réservé vos blancs (l’étape de la gomme à masquer est très pratique mais pas indispensable). 1. Marquer les valeurs les plus foncées de votre portrait avec une couleur très foncée. Laissez sécher. 2. Préparer un jus d’une valeur moyenne (pas trop clair quand même) et recouvrez rapidement tout le portrait. Laissez sécher. 3. Revenez sur les détails.

Description de la vidéo pour faire un portrait en 3 étapes qui CASSE LES CODES

Voilà, c’est cuit !

Bises du modèle et de l’artiste !

L’aquarelle est le défi favori de Félicia depuis vingt ans. Après avoir exploré d’autres techniques, c’est l’eau et sa douce complexité qui devient son langage artistique. Son aspiration première est de transformer la vision de ce medium comme vecteur de force et de modernité. Elle étudie par ailleurs la traduction directe entre ressentis interpersonnels et couleurs dans ses portraits. Artiste engagée, Félicia développe une œuvre centrée sur l’humain : les histoires, les vulnérabilités, les liens qui façonnent nos vies. Sa première exposition remonte à 2011, où elle présente déjà des peintures en direct. Mais c'est son exposition solo en 2024 dans une galerie du Marais, consacrée à la relation mère-fille, qui marque une étape très importante dans sa démarche : un travail sensible sur la transmission, l’identité et la communauté LGBTQIA+. Ses portraits de personnes sans-abri, nés de rencontres dans le métro parisien, s’inscrivent dans cette même volonté de rendre visibles celles et ceux que l’on regarde trop peu : des visages éclairés ou dans la souffrance qui retrouvent leur dignité par la couleur. Félicia est invitée au Festival Oblique 2025, dédié aux talents émergents de l’art contemporain, où elle réalise des performances en direct et affirme une présence scénique rare chez les aquarellistes. Elle est lauréate des International Watercolour Masters pour l'exposition de 2026 en Angleterre, une distinction importante dans le domaine. Une artiste qui enseigne — et une enseignante qui crée Depuis 2018, Félicia accompagne artistes amateurs et confirmés dans un enseignement riche et bienveillant. Formée à l’ergonomie et aux sciences cognitives, elle développe une pédagogie unique fondée sur la confiance, le lâcher-prise et l’apprentissage par des sujets ambitieux. Elle aide chaque élève à construire une vision, une intention, une identité artistique, loin de la simple reproduction technique. Une figure reconnue dans la communauté aquarelle Au fil des années, Félicia s’impose comme une voix importante de l’aquarelle contemporaine francophone. Sa chaîne YouTube — suivie par des milliers de passionnés — propose des tutoriels débutants et avancés, des réalisations de portraits et une approche humaniste de la création. Elle y partage non seulement ses techniques, mais surtout une conviction : l’aquarelle transforme celles et ceux qui acceptent de se laisser transformer. Elle enseigne avec proximité et humour, et accompagne chaque artiste vers l’audace : oser peindre plus grand, plus fort, plus vrai.

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